Ainsi, quand il présente le monde masculin des ma?tres de l’Université et de leurs étudiants, il écrit160;: 160;Voilà160;donc un univers qui peut nous para?tre bien étrange160;: un monde composé exclusivement d’hommes qui arborent des signes identitaires asexués [il fait ici allusion aux longues robes des ma?tres et des étudiants qui ressemblaient au vêtement féminin] et qui se pensent comme une communauté féminine [il se réfère ici à l’Université comme alma mater, ou à l’Université de Paris comme fille du roi]160; (p.160;52). Toutefois, après avoir noté cette rupture dans les r?les genrés traditionnels qui mériterait plus ample réflexion, l’auteur cl?t abruptement cette section pour passer à un autre sujet. 5 L’aspect le plus riche de la discussion du genre est ici lié à la théologie et à la pratique religieuse. D. Lett observe que la division entre les clercs et les la?cs, surtout dans le sillage de la réforme grégorienne, est accentuée et significative, peut-être même plus importante du point de vue culturel que l’opposition entre hommes et femmes. Tout son livre montre que les notions de masculin et de féminin qui sont des opérateurs efficaces dans la majeure partie de la société la?que, ne le sont pas nécessairement dans le domaine spirituel.burberry homme pas cher
Quand l’auteur discute les conceptions théologiques sous-tendant la différence des sexes ou la masculinité alternative du clerc ou du ma?tre universitaire, ou encore le langage des dévots invoquant l’allaitement par, ou le mariage avec, le Christ pour mieux suggérer l’intimité et la nourriture spirituelle, ou l’idée que les saintes peuvent se comporter viriliter, il observe une rupture fondamentale du bin?me traditionnel du genre qui lui permet de rendre compte efficacement de l’expérience de genre révélée par les sources médiévales. Cependant, ces remarques demeurent isolées et ne forment pas la base d’une remise en question plus approfondie des notions de masculin et féminin, ou du bin?me traditionnel. Alors que l’auteur semble davantage désireux d’identifier et de discuter une gamme de performances et de mises en acte de la masculinité, sa vision de la féminité nous laisse penser qu’il voit les femmes comme définies et limitées par leur sexe. 6 D. Lett affirme dans son introduction et sa conclusion que les femmes du Moyen ?ge (Hélo?se, Hildegarde de Bingen, Christine de Pisan...chemise ralph lauren pas cher) intériorisaient la croyance en leur infériorité et qu’en outre, 160;le sexe du locuteur compte peu car hommes et femmes partagent les mêmes valeurs160; (p.160;9), affirmation à laquelle il est difficile de souscrire. Est-il plausible que les expériences féminines dont l’auteur montre de fa?on très détaillée combien elles différaient de celles des hommes dans à peu près tous les domaines n’aient pas influé sur leur compréhension d’elles-mêmes et de la société où elles vivaient160;? Si hommes et femmes partageaient les mêmes croyances, à quoi servirait-il de dégager et mettre l’accent sur les expériences féminines160;? 7 En conclusion, je pense que D. Lett a rendu un grand service aux étudiants et chercheurs fran?ais qui s’intéresse au genre au Moyen ?ge en soulevant un ensemble de questions et de problèmes qui demandent plus ample examen et en indiquant de nombreuses voies aux recherches à venir. Son livre, qui ne se veut pas une intervention pour spécialistes dans le champ des études de genre, est bien le premier manuel à introduire cette dimension dans la réflexion des historiens du Moyen ?ge.""Les fruits d’un colloque canadien (Rimouski, septembre 2007) qui associait à des critiques confirmés bon nombre de jeunes chercheurs sont maintenant disponibles sous la forme d’un nouveau volume de 160;L’école du genre160;. Les contributions présentées ici sont au nombre de vingt-huit, auxquelles s’ajoutent une introduction par Claude La Charité, un état des recherches dressé par Diane Desrosiers puis une bibliographie (peut-être trop) sélective.polo ralph lauren pas cher
Saluons d’emblée la richesse et la diversité de ce volume, ainsi que le défi que représentait la relative nouveauté de cette perspective dans le panorama des études féminines. 2 La première section, 160;Pédagogie, théorie et modèles rhétoriques160;, vise à jauger l’exposition des acteurs féminins aux normes qui définissent l’exercice de l’éloquence. Le parcours en est retracé, du milieu du xvie à la fin du xviiie siècle, par plusieurs études de cas livrées par T.160;Vigliano, I.160;Krier, G.160;Poirier, C.160;La Charité, R.